ce matin-là – chant du cercle serein
fin du monde chante ta fin
vie coule toujours dans tes veines
sans peut-être jamais s’arrêter devant
une limite probable, il est clair
que de nouveau rien n’est clair, alors
tu écriras des cartes, tu te réveilleras
peureux, le matin, tu essaieras de marcher
en rond, en rond, cercle soutient encore
par habitude, hors du cercle – fini le temps
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 47.
que fait l’âme quand les mains
vers la pomme d’adam se tendent
quand les pieds avancent à peine
évitant déjà lointains et distances
que fait l’âme quand le corps
défend son impasse
quand les mailles filés de bas
derrière une meule de pierre se cachent
que fait l’âme quand le soir
chaud sur les genoux ronronne
l’oeil de Dieux la toile d’araignée
le tourbillon de poussière vascille
que fait l’âme quand les points
deux à l’endroit, quatre à l’envers
l’âme endormie par le soir
ou éveillée, sans pleurs
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 45.
oh, les nuits de nos amours, débuts des mots
nommer les mots comme dans le chêne les dieuxs
regarder le ciel à travers l’éclair
à peine entrouvert, qu’ils sont larges
les fronts, les yeux de là-bas, que voient-ils
et qu’en pensent-ils, de nous deux
que leur importent les nuits de nos amours
que leur inporte mon bon bec
une flèche d’éclair va claquer les noms du ciel
ceux, nommés, auront-ils le temps de revenir
reconnaîtra-t-on leur nature
le matin sous le chant des rossignols
le destin des dieux – cet involontaire exil
où le vin de folie est si bon
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 43;
Braziūnas, Vladas. „oh, les nuits des nos amours, débuts des mots...“ / Traduit par Genovaitė Dručkutė // Naujoji Romuva. – 2003. – Nr. 3. – P. 73. – Tekste [p 72–73]: A.K. [Konickis, Andrius] „Nors memačiau Vlado Braziūno berods nuo pavasario knygų mugės Vilniaus mokytojų namuose…“. – Anot.: Braziūnas, Vladas. Karilionas tūkstančiui ir vienai aušrai: poema. – Vilnius: Kronta, 2003. – 40 p.; Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtis = Imparfait / Traduit par Genovaitė Dručkutė. – Vilnius: Petro ofsetas, 2003. – 52 p.
nous buvotions une biere épaisse
faite de l’argile ancestrale
le va-et-vient de la cruche
la voix s’élevant jusqu’au toit
la chanson sonne non la nôtre
les hanches roulent non les tiens
la fleur bleue de lupin
loin à l’orée du bois
le jour naissait et le vent
sur le lac des moines
nous ne bougions pas, nuos ne voulions rien
à travers les larmes
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 41.
à Vilnius, la neige, la nuit
des égarements de l’été
excusez-nous, du beau
sourire, des bouts de doigts
loin des lèvres, du jour
éteint sur l’oreiller
des agrostis sont tes cils
un ruisseau est ta tempe
la tristesse descend et bat
la mémoire de ce qui n’a pas été
sur les traces du non-venu
un mince sillon de neige
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 39.
[?sp:28 sp]à Saulė
les flûtes qui plaisantent:
une vie de la mort qui écrit
les tambours qui condamnent
une chambre vide sans fond
…en passant devant l’église
centre de chirurgie du coeur
un champs à gauche
une ligne haute tension
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 37.
je n’entendais que des sons bas et hauts
le coeur palpitant, un nerf piaulant
j’étais enfermé dans une cage virtuelle
elle sera ornée de soie et envoyée à l’aube
à la porte close, aux gonds guettants
un couteau de cuisine coupera la soie
on le lavera de pleurs, encore vivant, palpitant, on
le coupera et fera sécher sur des cordes pourrissantes
il ne fera que frémir au vent, geler du froid
il se vaporisera et tombera en cristaux lunaires
sur un ciment gris où des souris se démènent
autour, tout autour, leurs trous cimentés
tourterelles picorent, miettes empoisonnées
et crèvent à un pas de la porte close
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 11.
tu invoquais les noms des rivières, la jonction rompue
du passé-présent des hameaux décrépits
pas un seul objet de valeur, ici
sauf les cimetières des nomades, avide
la poussière des moisissures aux yeux vifs
rongés, durant l’été se moucher morveux
les narines pleines du pollen d’absinthe, le Chinois
Li Li redemande du riz, tu rentres enroué
d’une fête de poésie, il n’ y a pas
de fêtes de poésie, il n’ y a rien, sauf le corps
et la mort, une hâche et la forêt séparées
il pleuvait des noms des rivières perdues, quand
tu écrivais avec des braises sur le ciel, tu priais
non une ligne tu étais – un point coulant
1999.V.31–VI.6
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 9;
Braziunas, Vladas. veľke sú noci = grandes sont les nuits = naktys yra didelės / Výber zostavila a zredigovala Miroslava Vallová; traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė; Asta Uosytė-Būčienė et Marc Fontana; Jasmine Jacq. – Bratislava: Edícia Viachlasne Literárne informačné centrum, 2006. – P. 17;
Braziūnas, Vladas. Grandes sont les nuits / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė, Asta Uosytė-Būčienė et Marc Fontana. – Paris: L'Harmattan, 2007. – P. 10. – (Levée d'ancre).
il y avait, y a plus, vent passé absent siffle
aveuglé à travers une noire jachère
et bat de l’aile et en se calcinant
un sapin sec le châle de la mère
le lever, il fait jour, sur un mont soleil dansant, le rire
dans le rêve, ne cherche pas le coupable
la passé témoigne, la passé règne
dans le présent qui n’est pas
il est permis de lire →→ ou ↓↓
Fabijoniškės, 2000.VIII.22–23
Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 18-19;
Braziūnas, Vladas. Grandes sont les nuits / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė, Asta Uosytė-Būčienė et Marc Fontana. – Paris: L'Harmattan, 2007. – P. 14. – (Levée d'ancre).